Pourquoi le numérique ne remplacera jamais le papier

carnetdeprojets23h59

 

« J’ai eu du mal à m’y mettre, je déteste les listes, je n’aime pas me projeter. Mais j’ai essayé et, très vite, il est devenu mon compagnon. Je me suis livrée sincèrement,  je n’aimerais pas qu’on le lise, c’est une relation entre mon carnet et moi-même !  Je ne vais quand même pas acheter un cadenas !» Voici en substance ce que m’a dit mon amie Juliette qui a reçu le carnet de projets 23heures59 en avant-première.

Avez-vous, vous aussi, déjà entretenu avec les objets cette sorte d’intimité  qui relève presque de l’alchimie ? Ça peut être un petit pull que l’on porte, adolescent,  pour ses examens, un bracelet que l’on touche tous les soirs avant de s’endormir, un carnet dans lequel on a écrit un début de roman, fait des ébauches de projets, dessiné un prototype, et que l’on garde précieusement près de son lit.

Le 30 décembre 2015, j’ai perdu mon carnet !  Celui qui contenait un an de projets qui avaient tous fini par aboutir, certains au-delà même de mes espérances. J’ai perdu ce carnet au moment où je sortais d’un rendez-vous qui allait me ramener sur les bancs de l’école pendant quelques mois, j’ai perdu ce carnet alors je me disais souvent qu’il était très précieux, secret aussi, et que je ne voulais sûrement pas, tout comme Juliette, que tout le monde le lise. Je ne sais pas s’il est tombé dans une rue ou si je l’ai caché dans ma maison… je ne sais plus…

 

Cette perte m’a ennuyée pour des raisons très concrètes : comment allais-jepouvoir montrer aux autres que je disais vrai, que certaines méthodes fonctionnaient, que j’avais dessiné mon avenir, et qu’un an après, il s’était concrétisé ? Comment prouver que tout ce que j’avais projeté, alors que cela était encore largement improbable, était pourtant bel et bien advenu, pas encore totalement abouti, mais déjà bien en place ?

La deuxième raison était qu’il me manquait physiquement, que ce moment que je prenais certains soirs, pour me projeter et établir ma feuille de route, n’avait plus lieu, qu’aucune appli que je testais ne remplacerait les mots rayés sur le papier, les coups de stabilo et les photos scotchées.

Puis, finalement, j’ai pris cette perte comme une chose de bon augure : la marque d’une transition. 2015 se terminait, il restait à écrire 2016 et les années à suivre, il fallait aussi continue rà redoubler d’efforts, à être méthodique et structurer mes avancées. 

La seconde chose qui m’a finalement servie est que je n’avais rien à « copier » mais bien tout à inventer. Il fallait que je trouve ma méthode parmi toutes ces méthodes, dans tout ce que j’avais lu, expérimenté, que je devais surtout ne rien copier, ni le fond ni la forme. 

Nous sommes un an plus tard, à quelques jours près, et ce carnet de projets de 23heures59 est terminé. Dans quelques temps la relation que vous entretiendrez avec lui vous sera propre, une histoire que vous écrirez, et des engagements envers vous-mêmes que vous prendrez.